dimanche 9 janvier 2022

Vivre : pendant des jours et des jours et des nuits

 
Le penseur / Auguste Rodin / exposé à la fondation Beyeler / Bâle / 2020
 
On rencontre parfois des gens qui sont à l'unisson de soi, et on en rencontre qui ne le sont pas. C'est la vie. C'est comme ça. Comment expliquer à cet homme tellement désireux de convaincre, tellement sûr de son bon droit qu'on n'a pas envie de discuter, de ferrailler, de s'expliquer, de justifier sa différence, pas envie de s'engager dans cette voie chronophage. On n'a tout simplement plus le temps pour ça. On l'a fait. On ne le refera pas. 
On trouve vain de chercher un terrain d'entente. Le terrain d'entente proposé implique un conflit présupposé. Or, l'entente est présente : on n'est indifférente à aucune misère du vivant, on s'active, on s'enrichit d'exemples lumineux autour de soi, on suit les chemins qui nous semblent aujourd'hui les plus adéquats. Quant à rester débattre au nom d'une quelconque tolérance, d'un quelconque principe élevé, quel besoin se cache-t-il derrière ces besoins de disputailler ? 
On préfère un acte, posé, un seul, à cent blablas. On préfère le vagabond édenté qu'on croise au lever du jour, attentif aux herbes et aux vents, attentif aux chiens et présent aux éléments, à tous les discours qui se veulent civilisés et ne sont que ronflants. 

PS : On me souffle qu'il serait bon de rendre à César et je le fais très volontiers. Le titre est emprunté à une phrase de L.F. Céline : "On a traîné comme ça encore quand même à se faire des silences, à se disputailler pendant des jours et des jours et des nuits. Mais le cœur y était plus."1932. Voyage au bout de la nuit.

2 commentaires:

  1. Oui! Mille fois oui!
    Oui.On l’a fait et on ne le refera plus, comme vous dites. Moins ou plus de temps à perdre.
    Faire des choix, affirmer sa liberté de choisir et s’assumer. Faire ce qui est bon pour soi pour devenir un être libre, épanoui, en harmonie avec soi-même.
    PS: et rêver de rencontrer Ghada Hatem Gantzer (ce matin, dans l’Embellie d’E Bester).
    Douce fin de dimanche

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    1. Oh oui : l'harmonie avec soi-même, c'est sans doute la seule véritable clef pour pouvoir avancer dans un monde en perte de repères, où l'on se retrouve confronté à toutes sortes de situations et de gens.
      (ce billet m'a été inspiré par une ou deux personnes qui, au nom de principes "élevés" (hum!) se permettent de remettre en question ce que vous êtes, parce que vous n'entrez pas dans leur cadre. Insupportable. Derrière tout cela : un sentiment de supériorité sans doute, ou un manque de confiance en soi (tout le monde devrait être comme eux, sinon... ça les remettrait trop en question)

      PS : j'ai exceptionnellement écouté l'Embellie ce matin en temps réel et j'ai eu le coup de foudre pour G. Hatem Gantzer. J'ai dit à R. au déjeuner : " c'est exactement une amie que j'aimerais avoir à mes côtés". De plus, quand elle a parlé de "Pour Sama" - vous avez senti l'émotion ? Eh bien, j'ai visionné ce documentaire sur Arte.tv il y a quelques semaines. Je voulais écrire un billet là-dessus. Mais... je n'ai pas trouvé les mots : trop de larmes, gorge nouée. GHG a tout résumé : "cela fait prendre conscience de ce qu'est une guerre". Très douce soirée à vous.

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