lundi 26 avril 2021

Vivre : les attraits d'une ville

 

Ville de Sienne (détail Allégorie du Buon Governo) / Ambrogio Lorenzetti / Palazzo communale / Sienne

 
Hier, la ville chère à mon cœur, inondée de lumière, frémissait comme jamais. Elle avait ouvert ses terrasses à une foule bigarrée, calme, respirant le bonheur d'être au monde. Gestes barrières, port du masque, gels et traçages, tous les comportements avaient été intégrés pour profiter de cette harmonieuse journée. 
Ces derniers temps le besoin de rencontres et de réunions avait donné lieu à toutes sortes d'innovations : des réchauds à gaz déposés sur des couvertures pour savourer un véritable petit déjeuner sur l'herbe dans les parcs luxuriants. Des picnics urbains, des grillades sauvages, des parties de badminton, de pétanque, mille manières de réinventer ces restaus et ces loisirs qui nous manquaient. L'envie de vivre explosait de toutes parts comme ces touffes d'herbe qui fendent l'asphalte et ne peuvent se résoudre à être emprisonnées.
A quoi tient l'attrait de la ville? me suis-je demandé en bonne villageoise devant mon espresso bien serré. Au fait de savoir qu'il existe des gens, d'autres gens, une multitude cosmopolite et variée en train de vivre et qu'on peut voir s'éclater ? Au fait de pouvoir consommer ? La ville serait-elle essentiellement un lieu de consommation (de spectacles, de biens, de restauration) ? Au fait de permettre les rencontres, les connexions, les échanges ? Ou encore d'émettre des notes et des mots, des chants et des cris ?
Oui, sans doute un peu de tout cela.  Mais en humant l'air de la ville animée on ressentait quelque chose d'essentiel, une énergie, un élan vital, quelque chose qui faisait vibrer toutes les cellules des organismes concernés. Et tout vibrait, effectivement : les étals et les musiciens sur le marché, les enfants qui s'aspergeaient aux fontaines, le ballon rouge qui avait dû s'évader d'une fête, un mariage qui se faisait photographier.
Comment décrire cette vitalité, cette joie électrique ? On peut le décrire en négatif, en songeant à tout ce qui a manqué. La ville avait été une ampoule éteinte que tout le monde avait besoin de voir se rallumer. On peut le décrire en positif : la vie est un courant d'eau claire, que rien, rien, pas même un virus, ne peut arrêter. La vie est plus forte que tous les interdits et l'a toujours été.

2 commentaires:

  1. La Vie tout simplement!
    Je vous souhaite une journée ensoleillée.

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    Réponses
    1. Merci : en effet, cette journée qui s'annonçait pluvieuse dans le petit matin s'est révélée au fil des heures douce, diaphane, généreuse.
      Oui : la Vie. Avec toutes les injonctions que nous avons reçues, les mises en garde et les interdits on en aurait oublié qqch d'essentiel : le désir de vivre et d'échanger!
      Douce soirée.

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